Les maraudes comme outil du travail communautaire

À Bruxelles, les maraudes effectuées par les Relais d'Action de Quartier (RAQ) ne sont pas de simples tournées de distribution, mais un outil central d'une démarche communautaire visant l'accès aux droits fondamentaux et la réduction des inégalités de santé.
La maraude sert ici à "débusquer" les besoins non exprimés, à observer les dynamiques du quartier (commerces, travaux) et à créer un lien de confiance durable avec les habitants isolés.


La maraude comme outil communautaire


Contrairement aux maraudes d'urgence classique (type Samusocial), celles des RAQ s'inscrivent dans le tissu local :
• Médiation et orientation : Elles servent de pont vers les services de première ligne (santé, social et culturel) pour les personnes qui ne fréquentent plus les institutions.
• Diagnostic de quartier : Les maraudes permettent d'identifier des problématiques collectives (insalubrité, manque de services) pour ensuite monter des projets communautaires avec les habitants.
• Partenaires clés : Le projet est soutenu par la Fédération des Services Sociaux (FDSS) qui coordonne la recherche-action autour de ces pratiques.
Les maraudes, lorsqu'elles s'inscrivent dans une démarche communautaire, dépassent la simple distribution d'aide matérielle. Elles visent à mobiliser les ressources locales, les citoyens et les acteurs de quartier pour créer un réseau de soutien solidaire autour des personnes en situation de grande précarité ou sans-abri.

Zine ElBarouta

« Désolé, j’ai besoin d’aider ma maman qui est malade. »

« Désolé, j’ai besoin d’aider ma maman qui est malade. »

Courant du mois de mars, le samedi 07 précisément, notre service social de quartier, « L’Entraide de St-Gilles » a été cambriolé.
Quelques traces d’effraction, une fenêtre laissée ouverte, des armoires fouillées, des jeux éparpillés au sol, et la porte du bureau de l’assistante sociale fracturée.

Sur le moment, la colère a pris le dessus. Puis, très vite, elle a laissé place à l’étonnement.

Car en faisant l’état des lieux, un détail interpelle. Le vol, à proprement parler, ne concerne ni argent ni matériel de valeur. Ont disparu : une machine à café, une boîte de gaufres, et surtout les sacs de maraude, ceux qui contiennent du matériel de premier secours, des produits d’hygiène de base, des mouchoirs, deux thermos, du thé, du sucre…
Rien de superflu. Rien de revendable facilement. Seulement des essentiels.

Et puis, posé sur la chaise qui fait face au bureau de l’assistante sociale, celle sur laquelle s’asseyent d’habitude les usagers du lieu pour les accompagnements, un mot :

« Désolé, j’ai besoin d’aider ma maman qui est malade. »

Cette situation n’est pas un fait isolé. Elle s’inscrit dans une série d’événements qui, depuis plusieurs mois, se répètent et s’intensifient.
Le vol du tronc d’église qui sert à collecter les dons au profit de l’Entraide.

Une vitrine d’affichage cassée.

Les vitres de la porte d’entrée vandalisées.
Un départ de feu devant l’entrée du bâtiment.
Des tensions, parfois de la violence, lors des accueils-café.
Et, de plus en plus souvent, un manque de respect envers l’équipe du service social.

Cela commence à faire beaucoup.

Notre service social est déjà fragilisé par des difficultés financières récurrentes. Chaque année, nous nous battons pour rester ouverts. Nous faisons au mieux avec des moyens limités. Nous nous investissons pleinement pour accompagner les personnes qui en ont besoin.

Aujourd’hui, un autre sentiment s’impose : l’incompréhension.
Mais aussi l’épuisement.
Et une forme d’insécurité devenue presque permanente.

Que se passe-t-il ?

Que disent ces actes des difficultés vécues par les personnes les plus précarisées sur le terrain ?
Jusqu’où peut conduire la précarité ?

Quand une personne en vient à voler un service social, un lieu qui existe précisément pour aider, qu’est-ce que cela signifie ?
Comment comprendre quand ce qui est pris, ce sont des objets destinés à aider d’autres personnes en difficulté ? que faut-il comprendre ?

Ce sont aussi nos outils de travail qui disparaissent.
Comment continuer, concrètement, à accompagner sans eux ?

Dans quel climat les travailleurs sociaux sont-ils censés exercer leur mission ?
Avec quelles ressources, matérielles et humaines ?

Et plus largement, que dit cette situation de notre système de solidarité ?
Que dit-elle d’une société dans laquelle une personne malade ne peut être prise en charge dignement, au point que son proche en vient à voler pour répondre à des besoins essentiels ?

Dans la détresse, en vient-on à se voler entre personnes pauvres ?

Toutes ces questions restent ouvertes. Elles sont pour la plupart récentes ; liées à une conjoncture de plus en plus compliquée, tant pour les personnes que nous accompagnons que pour les services qui tentent d'effectuer leur travail avec des moyens qui diminuent.

Que faire de ces colères, ces étonnements, cette incompréhension ? Qu’est-ce qu’on peut prendre comme décisions, comme posture institutionnelle quand la précarité en arrive à se voler elle-même ?

Derrière ce mot laissé à l’assistante sociale, des excuses et le besoin d’aider une proche :

« Désolé, j’ai besoin d’aider ma maman est malade. »

Un article de l’entraide de St Gilles et Gissela, relais d’action de quartier

De nouveaux dispositifs d’‘aller-vers

Panorama 1 - De nouveaux dispositifs d’‘aller-vers’

 

Panorama est une nouvelle publication de l'Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale sur l'organisation de l'offre social-santé bruxelloise. Ce premier numéro aborde concrètement quatre dispositifs d''aller-vers' qui ont été créés pendant la pandémie de COVID-19 pour répondre à un constat ancien, mais aggravé par cette crise, trop de Bruxellois et Bruxelloises restent en marge des services d’aide sociale et de soins de santé.

Les RAQ (Relais Action Quartier), CHW (Community Health Workers), CPPS (Chargés de prévention et promotion santé) et Conseillers en Santé ont pour ambition d'aller à la rencontre des habitants fragilisés ou éloignés des services d’aide et de soins, ou soutenir les organisations qui pratiquent cette démarche. Aujourd’hui, ils continuent leur travail pour maintenir le lien avec la population et mieux préparer d’éventuelles crises futures.

Que font-ils exactement et quels sont leurs publics cibles? Comment ont-ils évolués au fil des années, depuis la crise Covid, jusqu'à aujourd'hui (2025)? Qui les financent? Où travaillent-ils précisément? C'est à ces questions que répond cette nouvelle publication, qui vise à décrire le contenu et les modalités de travail de ces dispositifs, complémentaires les uns aux autres, et devenus des pièces importantes du paysage social-santé bruxellois.

Deux formats du Panorama existent:

- un "https://www.vivalis.brussels/sites/default/files/2025-10/Rapport%20Panorama%201_CoupDOeil_FR.pdf. "clin d'oeil", la version synthétique sous format d'un poster A3 à mettre au mur, sur vos tables d'équipe, etc.

- la https://www.vivalis.brussels/sites/default/files/2025-10/Rapport%20Panorama%201_FR.pdf. version complète du Panorama qui vous permettra de vous plonger dans la réalité concrète des dispositifs, le contexte de leur création, en plus d'un lexique et d'une bibliographie.

Bonne lecture!

Une journée intersectorielle, pour questionner l’action communautaire

Le 25 septembre dernier, une journée intersectorielle intitulée « L’action communautaire en question : croisons nos regards et nos pratiques » a réuni plus de 180 participants et 92 associations bruxelloises pour réfléchir ensemble aux démarches communautaires en santé et en travail social. L’objectif était d’échanger entre secteurs sur des pratiques co-construites avec les publics, de discuter de questions concrètes comme le renforcement du pouvoir d’agir ou l’impact des politiques de subsides, et de partager pistes, idées et retours d’expérience. Cette rencontre, riche en dialogues et en ateliers, a souligné l’importance du collectif, de la patience et de l’autonomie dans l’action communautaire, tout en pointant des défis comme la mobilisation des publics et la dépendance aux financements.

Vous trouverez l'aticle complet ici : https://questionsante.org/articles-bxl-sante/une-journee-intersectorielle-pour-questionner-laction-communautaire/

 

Place à nos droits

Entre voisins et associations,

nous partageons bien plus qu'une adresse !

Vous avez des questions et vous ne savez pas à qui vous adresser ?
Des idées, des craintes, des difficultés et envie d’en discuter ? Venez rencontrer les travailleurs et travailleuses sociaux de plusieurs associations du quartier, et discuter de ce qui nous arrive entre voisins, lors d’un moment convivial !

Le 10 septembre | Place Bethléem | De 11h à 17h30

 
Ensemble pour défendre nos droits

Face aux inquiétudes liées aux reculs des droits sociaux, les associations de Saint-Gilles s’unissent pour rencontrer les habitants, en partenariat avec la Coordination Sociale de Saint-Gilles.

Cet événement est pensé pour les habitants, afin de :

  • Favoriser l’accès aux droits fondamentaux
  • Créer du lien entre associations et citoyen·nes
  • Sensibiliser aux conséquences concrètes de la restriction du chômage
  • Rendre visibles les services locaux
  • Encourager la participation citoyenne
  • Écouter les besoins du terrain, directement exprimés par vous
Programme de la journée

Venez passer un moment convivial, utile et solidaire :

  • Stands thématiques (emploi, migration, énergie, santé, etc.)
  • Espace enfants
  • Restauration solidaire
  • Espace d’échanges et d’écoute
  • Ecoute et récolte des besoins des habitants
  • Permanence sociale mobile
  • Conférence gesticulée
Qui sera présent ?

Plusieurs associations locales, engagées dans l’aide sociale, l’accès à l’emploi, la santé, la migration ou encore l’alimentation, seront là pour vous informer, vous soutenir et vous orienter.

Vous êtes habitants ? Rejoignez-nous !

On vous attend le 10 septembre sur la Place Bethléem entre 11h et 17h30 pour se rencontrer.

Si vous souhaiter proposer une animation (spectacle, concert, jeux, …) ou donner un coup de mains, n’hésitez pas à nous contacter avant le 1er septembre.

Vous êtes une association ? Rejoignez-nous !

Vous travaillez dans l’une des thématiques liées à l’accès aux droits ?
Participez ! Voici comment vous pouvez contribuer :

  • Participer au stand thématique sur votre domaine d’action
  • Co-créer du contenu (animations, messages, visuels...)
  • Mobiliser des bénévoles ou participants pour la journée
  • Proposer une autre thématique : toutes les contributions sont bienvenues
Contact

Vous souhaitez participer ou en savoir plus ?
Contactez-nous :

  • Patricia : Dit e-mailadres wordt beveiligd tegen spambots. JavaScript dient ingeschakeld te zijn om het te bekijken. | 0471 96 42 58
  • Gissela : Dit e-mailadres wordt beveiligd tegen spambots. JavaScript dient ingeschakeld te zijn om het te bekijken. | 0471 96 42 59